Quand le poissonnier rencontre des lunettes poissons, forcément il mort à l'hameçon. Attention quand même, "ici au Sénégal on partage tout sauf la femme".
vendredi 31 octobre 2008
Quand le poissonnier rencontre des lunettes poissons, forcément il mort à l'hameçon. Attention quand même, "ici au Sénégal on partage tout sauf la femme".
La banquière, le gendarme, la mama et le maître d’école
En attendant l’ouverture du bordel, je tourne à la recherche d’un café Touba. Passe un car Fram rempli d’excursionnistes mal réveillés. Je trouve le coin du petit déjeuner en bas d’un immeuble pas fini de construire. Autour d’une table conviviale et gérée par une mama énergique et attentive, cinq ou six hommes se restaurent : sandwich de petits pois enveloppé dans du papier journal, café au lait, café Touba. (Le café Touba n’est pas vraiment du café, c’est une boisson noire et sucrée aux arômes très proches de la perfection : je suis fan du café Touba.) La mama et son petit déjeuner ont l’air d’être une petite institution dans ce coin de quartier. Ce doit être bien de se retrouver chaque matin ici pour contenter son estomac et se tenir chaud. Vous savez qu’il commence à faire un peu froid le matin ? Vous savez qu’on met un petit pull le soir sur le scooter pour ne pas risquer de les enrhumer nos petits nez ? Maintenant, on est dans un bon petit été bien indien. Les ventilateurs sont éteints. Le ciel est bleu bleu bleu.
mercredi 29 octobre 2008
Mathieu et les vacances
"Allah est grand, je suis tout petit"
Civil War
La mama regarde ça. Un policier passe qui me dit: "Il faut lui dire de fermer!" (au boutiquier). Puis il continue à courrir en direction des pneus et je reste là à les regarder puis je me rapproche car je suis un peu grand reporter dans l'âme, comme ça avec mon appareil photo et tout à coup ils se mettent tous à courrir dans le sens opposé, comme avant une explosion générale, alors je cours comme eux et on me regarde courrir (des femmes sur le bord de la route) et elle ont un grand rire et un grand sourrire amusé. On me dit de continuer de prendre de photos et de retourner sur les lieux...
Enfin arrivent les pompiers, toujours d'attaque. On m'a raconté que lorqu'une résidence a crâmé il y a un an, les pompiers qui avaient leur caserne à 300 mètre ont mis 1h pour arriver car ils avaient d'abord dû remplir les citernes d'eau puis ils sont allés chercher du carburant à la station service. D'où cette leçon d'Education Sanitaire que les gosses de Pascal et Stéphane (ceux à qui j'ai donné des cours de révision en septembre) ont reçu dans leur nouvelle école (école René Merceron à Saly Niakh Naikhal, qui est une école sénégalaise sensiblement moins cher que Jacques Prévert):
Les eaux croupies.
Nous devons lutter contre les eaux croupies car elles sont source de maladie.
Nous ne devons pas attendre l'intervention de agents sanitaires. Chacun peut agir dans sa rue et dans son quartier.
mardi 28 octobre 2008
Blues de la Toussaint
samedi 25 octobre 2008
mardi 21 octobre 2008
Le vieux sage
La nuit tombait et le vieux lisait à l’écart. Réussissant à l’approcher (car je cherche sa compagnie car il inspire le respect et peut-être il grandit celui qui l’écoute –et c’est lui qui m’apprend à pêcher mais j’ai beau l’écouter, le voir faire, je n’arrive pas à lancer), je ne sais pas comment nous en vînmes à évoquer l’Indépendance du Sénégal. (A la base il y avait de ma part une question détournée : tu avais quel âge au moment de l’Indépendance ?, et tout ça pour connaître son âge…)
« J’avais 11 ans. Et je m’en souviens bien. Mes parents se rendaient au meeting de Lamine Gueye. Pour les premières élections du Sénégal indépendant, deux candidats s’affrontaient : Senghor et Gueye. Chacun avait sa couleur : vert pour Senghor et rouge pour Gueye. Mais ce jour-là j’étais habillé en vert ! C’était la fête à Gueye et j’étais tout en vert ! Alors les milices de Gueye m’ont chargé ! J’étais habillé tout en vert. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. J’avais des armes pointées sur ma poire, j’entendais les mots « provocation », « scandale ». 11 ans. Toutes ces armes étaient dirigées contre moi. Je sentais que toute cette agitation était de ma faute. Mes parents n’avaient pas réfléchi, et moi je m’habillais avec ce qu’il y avait.
Et ce sont des femmes de Lamine Gueye qui m’ont sauvé. Elles ont dit : « C’est un enfant. » Je me suis faufilé entre les jambes des femmes sans demander mon reste ; et j’ai couru jusqu’ à notre maison. Je me suis jeté sur ma couche, tremblant de fièvre et en pleurs. A ma mère qui me questionnait : « Les gens là-bas, ils veulent me tuer ! » Ah oui, la période de l’Indépendance, je m’en souviens très bien. Très bien. »
lundi 20 octobre 2008
Quelques photos et...
mardi 14 octobre 2008
http://www.canal15-tv.com/pages/les-programmes/les-programmes-dinformation/tapas/tapas-du-2-octobre-2008.php
Dimanche (pour de vrai) et demain c'est mercredi (chic)
Vues : des femmes assises sur des chaises en plastique, bien habillées, regardant passer le dimanche en compagnie ; des processions d’hommes, cheminant, en chantant des choses musulmanes, très douces, très entêtantes ; ces hommes barraient la route, nous obligèrent à stopper, et les calèches gorgées, les véhicules ; ce sont des confréries qui profitent des jours fériés pour se retrouver de temps en temps ; des personnes allant chercher crevettes et lottes fraîchement pêchées sur la plage (à M’Bour) ; les femmes de la Pouponnière en train de broder les prénoms sur les tissus car c’est demain la rentrée ; quand nous sommes arrivés les enfants faisaient la sieste, quand ils se sont réveillés ils ont été lavés, nous les avons trouvés tout propres dans de beaux vêtements propres, ils ont joué, on a chanté avec un petit groupe et on en a eu sur les genoux et dans les bras, plusieurs qui ne pouvaient pas rester seuls tant ils étaient tous fatigués et très énervés ; ils ont fait des choses dangereuses ; ils ont frôlé à de nombreuses reprises l’accident domestique ; nous trouvons parfois les femmes qui en sont responsables assez peu aux aguets (balançoires dégondées, dessoudées, eau de javel à disposition, bout de plastique de la terre à la bouche, et de nouveau) ; demain c’est la rentrée et plusieurs rentrent en classe enfantine.
Vu encore (entendu) : des djambés (encore maintenant d’ailleurs) au loin, et un dénommé Pape qui tient une toute petite boutique pas très loin du cyber m’explique qu’il s’agit d’un baptême, aux sons des djambés et du rythme il sait que c’est un baptême woloff puis il écoute et me dit que là une femme vient d’entrer dans la danse et de là nous parlons de sa famille et de sa vie, puis je parle avec Abdoulaye qui est de Casamance et gardien-jardinier ici et puis beaucoup de casamançois ont fui avec les événements et sont venus ici, comme gardien par exemple ; les paroles d’Abdoulaye sont sages ; il dit des choses très sensées et qui vont bien avec la nuit ; demain, leçon sur le « a » et le « à » et le « est » et le « et ».
Dimanche (mais en fait samedi)
Ce que j’ai pas trouvé correct, c’est qu’un de Vendée Matériaux a pris dans notre stock de petits toasts alors qu’il n’avait pas encore eu sa commande (un whisky) et qu’il savait qu’avec elle viendraient d’autres petits toasts et d’autres cacahuètes.
Au campement-club de Nianning, l’ordre des lieux surprend, une certaine force se dégage. Nous avons quitté quand la piste de danse donnait Give me the night de G. Benson.
Aujourd’hui ils ont dû faire du jet-ski de 15h à 16h 30 et assister à un spectacle de karaoké hier.
A part sponsoriser (je crois) des bateaux pour le Vendée Globe, Vendée Matériaux fait de grandes choses en Afrique (ils ont eu une conférence sur ça samedi matin) : dans plusieurs pays ils ont installé des écoles, équipé des choses et lundi les personnes en vacances se rendront dans l’école de M’Bour qui a dix ans depuis la BA de VM, alors ils ont apporté des cahiers et des crayons et de là une conversation sur l’aide France-Afrique, une petite discussion quant à la différence entre gestes et action, malgré la Lambada, sur la manière d’aider ces gens « qui sont heureux comme ça, à vivre comme des animaux » (a dit le gars qui nous avait piqué des toasts et qui sirotait maintenant son whisky), « c’est la misère mais les gens sont moins stressés qu’en France, quand même, non ? » (…)
lundi 13 octobre 2008
Lundi matin
Au fait, les brochettes de fruits du premier atelier cuisine ont été un franc succès ! L'orthophoniste qui vient le jeudi m'a dit que tous lui en avait parlé même ceux qui n'y étaient pas ! Vendredi, j'ai cuisiné avec Adèle, je sais désormais faire les boulettes de lottes (roulées avec une seule main s'il vous plait) ! Ici, la lotte n'est pas cher (1,50 € le kg) et les grosses crevettes aussi (à peu près 5 € le kg). Ceux qui viendront nous voir auront la chance de déguster tout ce que j'apprends ici... pour les autres, et bien, vous aurez l'eau à la bouche et il faudra attendre une année !!
Bizzz à tous
Mandine
samedi 11 octobre 2008
Sondage chez Wiitgenstein, 1° partie
Tout vient à point... Jamais film débile n'aura été aussi attendu...
Histoires merveilleuses d'un monde (décidément) merveilleux
Je souhaiterais dans ce message vous faire part de quelques histoires entendues de la bouche de Nico et de celle de Sahar. Amandine vous a déjà parlé de Saar, qui est une libanaise mariée à un français, lui travaillant chez Kirène à Rufisque (eau minérale, jus, lait) et elle la secrétaire du collège où règne une ambiance qu’il faudra bien détailler un jour ou l’autre. C’est une secrétaire consciencieuse, une femme douce et attentionnée. Elle a prêté des recettes à Tante Mandine, elle nous a décrit les démarches pour obtenir la carte de résident, elle va nous prêter des petits supports métalliques pour faire tenir les serpentins d’encens qui font fuir les moustiques, des moustiques qui fuient mais pour mieux revenir au milieu de la nuit, insectes passés maîtres dans l’art de la lâcheté et de l’attaque surprise, saloperies de bêtes de merde et en effet du plomb dans l’aile pour le wonderfull world, mais du sang aussi, dans les trompes : ô joie d’en écraser un entre mes mains expertes, et clac, la paume rouge de ma main pour un cri de hourrah !, un de moins. Sahar n’a jamais vécu au Liban. Elle est née en Côte d’Ivoire. Quand il y a eu les événements là-bas, que les français n’étaient plus très bien vus et que la boîte du gars Laurent a quitté elle aussi, ils sont allés au Sénégal ; il faut savoir que la crise ivoirienne en a fait fuir pas mal, que Nescafé a immigré au Sénégal (pour un temps) et que Laurent a eu une opportunité ici à Rufisque. Sahar a connu son mari à Abidjan, ils ont eu des enfants et maintenant ils sont là et l’autre soir la discussion a versé sur les raisons de l’importante diaspora libanaise, notamment en Afrique : voici les faits : au début du 20° siècle Mesdames Messieurs, de nombreuses familles libanaises ont souhaité immigrer en Amérique ; le trajet se faisait en bateau mais passé le détroit de Gibraltar le bateau mettait cap au Sud, ni vu, ni connu, et les libanais débarquaient en Afrique de l’Ouest en croyant débarquer aux States –l’illusion devait durer le temps que le bateau reparte en chercher d’autres. Comme il n’y avait pas de téléphone ni de télé ni d’Internet ni rien, ils ne pouvaient pas dire aux futurs passagers qu’ils allaient se faire arnaquer. Voilà pourquoi il y a tant de libanais en Afrique de l’Ouest : à cause d’armateurs sans scrupules. Et il faut bien reconnaître que c’était tout bénef pour les bateaux, ça leur faisait moins loin. Des premières générations de migrants se sont donc installés en Afrique puis d’autres, par la suite –voyant que les affaires ne marchaient pas trop mal et cette fois-ci en sachant où ils mettaient les pieds– et aujourd’hui Sahar explique que les libanais ivoiriens sont issus de familles plus friqués que les libanais sénégalais car le prix du billet était fonction de la distance et voilà pourquoi aujourd’hui il y a une liaison aérienne Abidjan-Beyrouth et pas de Dakar-Beyrouth. L’actuelle génération, la quatrième ou la cinquième, n’a en général jamais mis les pieds au Liban.
Oh ! Quelle histoire merveilleuse, vous pensez, mais maintenant lisez ceci :
La famille de Sahar est une vraie auberge espagnole. Son frère est aux Antilles, il est mariée à une québécoise, sa sœur est aux Pays-Bas avec un allemand, et son troisième frère réside dans un pays d’Afrique dont j’ai oublié le nom. Les enfants de Sahar sont en France, l’un à Bordeaux l’autre à Paris. Tout ce monde ne se voit pas tellement mais la maman restée au Liban se rend chaque année dans l’un ou l’autre de ces lieux. Elle qui n’a jamais migré en profite pour voyager ! Un jour elle est allée en France par la ligne Beyrouth-Lyon, puis elle a pris un car jusqu’à Amsterdam et ça c’est Sahar et Laurent qui nous le racontent car ici, qu’ils soient français, libanais ou afghan, ils aiment tous raconter leur vie –si c’est souvent riche il y a parfois des digressions un peu longuettes. A Noël dernier, ils se sont tous retrouvés dans un chalet en Haute-Savoie. Ils avaient loué toute la structure réservée à la base pour des colonies de vacances ; ils ont fait des balades en raquettes, du parapente, de la luge et des tours de cuisine : chaque jour, l’un des couples préparait un truc de leur pays de cœur et apparemment ce fut un Noël merveilleux. Et vous pensez : oh ! quel appendice merveilleux à l’histoire merveilleuse de la diaspora libanaise ! Mais maintenant voyez ceci :
En décembre dernier, Nicolas est descendu au Sénégal en Renault 21. Il a pris le bateau à Sète, il a débarqué à Tanger (il avait son passeport) puis il a tracé la route jusqu’en Casamance. Plusieurs journées de route avec un dénommé Alain, un vieux brisquard, un vieil escroc de marin de routard un poil écorché. Alain et lui se sont trouvés sur Internet, se sont retrouvés à la gare SNCF de Sète et pendant tout le temps du voyage ils ont eu le temps de causer et de se raconter des histoires pas possibles, des histoires de pirates, de brisquards et de vieux routard un peu écorché. Alain est un marin. Il a retapé des bateaux, il a beaucoup fait la Méditerranée et il a fait l’Afrique ; en décembre dernier il descendait au Sénégal pour reprendre un business et créer ce qui partait pour être le nouveau vrai chantier naval de Dakar –il n’y en a pas apparemment en ce moment et il y a un truc à faire de ce côté pour les gens motivés. Alain braqua un jour un petit bar-tabac de campagne au fond d’une lointaine région française ; il fit cela armé d’un pistolet en plastique et habillé en bleu de travail. Il se tape le fond de caisse ; il repart sur sa mobylette après avoir mis le magot dans une caisse à outils fixée au porte-bagage ; sur la départementale il croise les flics avec leurs gyrophares mais comme il a son casque ils n’ont rien à redire les kisdés, et puis de toutes manières ils étaient sur les traces d’un dangereux braqueur de bar-tabac de France.
(Selon Nico, Alain n’était pas mythomane ; Nico m’assure être capable de reconnaître les mythomanes et les histoires d’Alain sont si incroyables qu’elles ne peuvent qu’être vraies – moi aussi je crois ça, je suis d’accord avec Nicolas.)
Une fois, en Méditerranée, Alain a navigué avec un troupeau de dauphins, et des dauphins ça danse et ça s’amuse avec les hommes (c’est pas comme les moustiques, les hannetons et les néphiles, un dauphin est un animal vertébré et intelligent, c’est un mammifère) et tout à coup ils se sont mis à barrer la route au bateau : l’équipage avait beau insister (car ils voulaient arriver à Marseille au matin), les dauphins insistaient et c’est avec insistance qu’ils barraient la route au bateau. Alain a dit : « Il faut écouter ce qu’ils veulent nous dire. » Ils ont changé de cap. Quand ils sont arrivés à Marseille, les gars de la capitainerie leurs ont dit qu’il y avait eu une très violente tempête sur leur cap initial. Fascinants dauphins...
Histoire de vieux brisquards, de marins écorchés…
Pour conclure (que d’histoires merveilleuses !) : savez-vous comme s’est passée la construction d’un navire vers Trinidad pour le compte d’un vieil enfoiré qui se faisait un yacht pour promener des salopes et boire du champagne ? Savez-vous comment ça se passe quand ce dénommé Alain et un collègue à lui retapent le yacht au black et qu’une fois le boulot terminé le gars leur dit : « Et maintenant dégagez » et il ne les paie pas ? Alain et son collègue quittent le port, l’air de se casser dégoûtés et de se casser pour de bon, et ils reviennent la nuit, ils plongent, accrochent des chaînes aux hélices du bateau, amarrent les chaînes à terre puis quittent le port à nouveau, cette fois ni vus, ni connus, et durant plusieurs mois ils naviguent sur les îles alentours (vers Trinidad –je ne sais pas où c’est Trinidad il faut que je pense à regarder ça sur une carte ou que je tape ce mot sur Kartoo, Google Earth, le Sans-Culotte 85). Quand ils reviennent, les chaumois leurs racontent cette histoire incroyable que le vieux salopard s’en allait pour promener ses putes et que crac !, trous, entrées d’eau, grosse avarie –le mec la queue entre les jambes comme le corniaud aveugle qu’il était. Ils rigolent, ils disent : « Non ?! C’est pas possible ! » Et le clébard retourne les voir, l’air gêné il leurs dit qu’il va avoir besoin de leur service et Alain et son pote ils disent que bon, OK, mais cette ils exigent une avance (« Transformer l’expérience en conscience » disait André Malraux, J.M.G. Le Clézio a eu le prix Nobel) et enfin ils disent : « Bon, ça, c’était pour le boulot de l’autre fois, maintenant, combien t’allonges pour qu’on te le remette sur pied ton vieux rafiot gros connard ? » Et voilà comment ils ont œuvré les deux brisquards. Nicolas a rencontré un sacré vieux brisquard au cours de ce voyage.
Il nous a montré des vidéos de son voyage à travers le Maroc et la Mauritanie avec lui (après 250 bornes Alain s’est rendu compte qu’il avait oublié son passeport dans sa veste restée dans la penderie d’une auberge du Sahara Occidental), j’essaierai de vous mettre le lien pour les voir ces vidéos si ça vous dit et ça, cette séance vidéo, c’était après avoir mangé de bonnes boulettes de lotte préparées par Adèle et Mandine (bonne cuisine sénégalaise) suivies d’une tarte aux bananes et aux pommes (pour la touche française) et d’un café Touba (excellent).
Que la terre vous soit légère et comme on dit en Bretagne :
"An hani ne vez ket joä doc'htoñ a-pa arriw a vez joä doc'htoñ a-pa y-â kuit"
(Celui qui ne fait pas plaisir en arrivant fait plaisir en partant !)
jeudi 9 octobre 2008
mercredi 8 octobre 2008
Fais voyager ton scribe (tu découpes et tu le mets dans un paysage facinant). Vidéo dont il est question : dans message suivant. Brochettes de fruits.



mardi 7 octobre 2008
Anecdotes
Depuis quelques jours, nous hébergeons dans la salle de bain (plus précisément entre la moustiquaire trouée et dehors) une sorte de salamandre (je ne sais plus son nom exact). Elle vient le soir et repare le matin, elle est au frais et nous débarasse des insectes. Mais, il ne faut pas la toucher car elle est urticante.
Les oiseaux viennent également tous les matins prendre leur petit déjeuner, ils se rapprochent de plus en plus.
Bon, la c'est la animaux mignons, mais il y a aussi les araignées, surtout celles des murs, elles sont toutes plates. Elles ne sont pas encore trop grosses mais pour les écraser, il faut se lever de bonne heure car elles sont très vives. Ha, et samedi dernier, nous avions invité à manger, Sahar et son mari Laurent. Nous étions dehors, et là, une énorme bête me tombe dans les cheveux, dans la nuque, vous me connaissez, je crie ! Et Mathieu en rajoutant "ha mais qu'est-ce que c'est, ça y est elle est partie, ha non". C'était un énorme hanneton d'au moins 10 cm de diamètre ! Ben, ça fait drôle, je vous le dit ! Du coup, j'avais toujours la tête en l'air et j'ai vu qu'il y avait un 2ième nid de guêpes.
samedi 4 octobre 2008
Samedi
Vidéo + Monde Merveilleux + Chanson
Les paroles d'une chanson déjà culte, sans doute reprise un jour par les P'tites Laines (Qui sait?)
Refrain : Tous les animaux du monde,
Tous les animaux sont mes amis.
Du lion à la colombe, du renard au ouis…titi !
Le taureau n’est pas content :
sa femme est vache, c’est navrant !
Le hibou chante à tue-tête :
« J’ suis heureux, ma femme est chouette ! »
Refrain
Bien qu’il soit le plus musclé,
l’éléphant se sent brimé
car il a deux yeux tout noirs
mais avec défense d’y voir !
Refrain
Moi j’ai un joyeux caniche
qui aime qu’on lui fasse des niches.
Et un poisson très revêche
qui n’aime pas du tout la pêche !
Refrain
« - Quelle est la fête des chats ?
- Moi, je donne ma langue aux chats !
- Vous ne trouvez pas du tout ? Voyons, c’est la mi-août ! »
Refrain
Essayez d’offrir un verre,
même au milieu du désert,
à mon ami le zébu :
il vous dira : « Moi, z’ai bu ! »
Refrain
Vendredi: des abdos pour décompresser (d'une dure semaine)
Je ne sais plus trop ce que je voulais vous raconter. Cet après-midi, on est allés à la Lagune de Somone, comme il pleuvait un peu on avait bien envie de se baigner et en plus il y avait coupure de courant alors c’était le mieux à faire. En fait on pensait pas forcément se baigner mais en tous cas tracer la route avec le scoot car sachez bien deux choses : la première c’est que je me suis fait opérer des dents de sagesse en mars et en avril (par le docteur Mathieu d’ailleurs, clinique Saint-Charles, et il était là à me mettre RTL 2 pour me relaxer en m’arrachant les dents mais quand même j’ai douillé beaucoup puis eu peur quand le chef de délégation qui écoutait Pink-Floyd en montant l’épisode de Goudiry m’a fait croire qu’elles repoussaient et je sais désormais que c’est faux et que c’était une blague) ; et la deuxième c’est qu’on a un scooter. (La troisième accessoirement c’est que j’ai fait la vidange presque tout seul dimanche dernier). Alors quand on est arrivés à la Lagune de Somone forcément on avait les casques dans la main et on a vu quatre jeunes hommes assis en tailleur au milieu de quatre trous dans le sable (un par bonhomme) et c’est pour cela que j’ai émis dans ma tête bien faite trois hypothèses qui sont dans un ordre : 1) Ils jouent dans le sable (concours de pâtés de sable, trou le plus profond, Bill dans Boule et Bill qui enterre son os) ; 2) Ils font des offrandes à la mer dans un ambitieux syncrétisme Animisme / Allah / Poséidon car j’ai entendu dire de la bouche de Roxane (la jeune instit des Petites Sections à l’école) qu’ils sont nombreux les sénégalais à faire des prières et des vœux et des offrandes à la mer pour qu’elle ne les noie pas et après ils vont se baigner ; et 3) Qu’est-ce qu’ils nous veulent ceux-là ? Mais en fait ils étaient en train de faire des exercices : j’ai compris ça quand je me suis retrouvé au fond d’un trou comme eux. Ils alignent 20 pompes à la suite et donc, corps bien fait dans tête bien faite (sans sagesse ni prétention), moi aussi. Et l’un d’eux scande le nombre. Et je m’affale au bout de sept. Sans pitié, Amandine rit de moi. Or pour les abdos, de leur aveu même : je suis bon. Et oui j’ai des tablettes de chocolat moi. Beaucoup de sénégalais font des exercices sur la plage : pompes, abdos, longues nages, footing sur le sable mouillé. Moi je les vois tous les matins parce que je me lève tôt je fais partie du Sénégal qui se lève tôt : 6 heures du matin qu’est-ce que vous croyez. Mais mercredi c’était férié. On a joué au foot et là c’étaient pas les abdos : au bout de 5 minutes j’en pouvais plus. C’était trop la pleine chaleur. Je voyais des étoiles en plein jour. Il faut que j’arrête de fumer c’est pas possible je tiens plus le rythme (ça on le savait déjà…). Eric, qui aime les défis, lui il a fait le tour de l’île de Jersey, soit 20 km, sous la pluie –et Maud elle m’a raconté ça parce qu’elle était avec lui et elle a fait ça aussi ! A pied ! Moi, si j’avais été là, je l’aurais fait en scooter. Et j’aurais roulé à gauche. Au revoir.
A pars ça une dure semaine nous attend : réunion des parents lundi soir (j’ai jeté un œil aux nouveaux programmes pour répondre aux questions éventuelles des mamans libanaises un peu stressées (voire stressantes) : c’est pas si terrible que ça ces nouveaux programmes y’a pas de quoi en faire un plat de soixante-huitard attardé et je me suis rendu compte que depuis la rentrée j’ai fait que des trucs qui sont au programme. Une chance ! De toutes façons s’ils changent les programmes c’est uniquement pour faire vivre les éditeurs. Voyez Courbe(s). Jamais cette asso n’aurait une telle effervescence si les programmes étaient les mêmes depuis la Loi d’Orientation de 1989, ou je me trompe ?) ; ensuite, mercredi on emmène toute l’école à Dakar pour aller voir un cirque. Classe le matin, départ à 13h, retour pour 20h. Et la classe du jeudi on la prépare quand avec tout ça ? Je vous l’demande. Donc vraiment c’est pas une sinécure ce job. Penser à prévoir une grève contre les heures sup et la crise financière internationale.
mercredi 1 octobre 2008
La pouponnière
A partir de la semaine prochaine, l’école va reprendre, la plupart d’entre eux vont rentrer à la maternelle. Ces enfants, orphelins de père ou de mère, sont là pour quelques années, parfois dès la naissance, ensuite ils retourneront dans leur famille. L’autre fois, nous avons discuté avec un éducateur et il nous disait que bien souvent les enfants pourraient être pris en charge par un membre de leur famille, un oncle ou une tante car ce sont de grandes familles et l’enfant est forcément mieux avec ses proches. Mais certains préfèrent les mettre à la pouponnière car ils sont nourris, encadrés, éduqués et tout cela gratuitement. Ce monsieur a dû mal à comprendre ces personnes mais l’association ne peut pas les refuser car accueillir ces enfants fait partie de sa mission. D’autres ne mettent pas leur enfant à la pouponnière mais peuvent utiliser ses services comme par exemple avoir du lait pour nourrisson. Quand nous y allons, nous croisons quelques Français, mais nous ne les connaissons pas…